Bergen - Le soleil, puis les nuages
Bergen, deux jours d’août sur la côte ouest de la Norvège. La ville passe pour l’une des plus pluvieuses d’Europe ; le dimanche, pourtant, pas un nuage : une après-midi et une soirée entières de soleil, des profondeurs du tramway jusqu’à la gare. Le lundi, le ciel reprend sa couleur habituelle, et Bergen redevient grise et tranquille.
Sous la ville.
Le dimanche commence sous terre, dans une station souterraine du tramway. Des puits de lumière, des escaliers qui montent vers le jour, un sol de marbre en étoile, et un rayon de soleil qui tombe tout au fond. Dans la rame, une jeune femme lit son téléphone, un gros sac sur les genoux.
Bryggen.
Puis Bryggen, l’ancien quai hanséatique inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco. Ses maisons de bois rouges, orange et blanches s’alignent face à l’eau, et derrière elles s’ouvrent des passages étroits entre les façades. Dans une boutique, une tête de renne veille sur une vieille charrette ; sur un banc, un couple âgé se repose au soleil.
Le port.
Le long du port de Vågen, les quais se vident. Un homme attend sous un abri de bus, un autre se repose sur un banc, sa sacoche de cuir à côté de lui. De l’autre côté de l’eau, Bryggen et les maisons blanches grimpent au pied du mont Fløyen, et devant la halle Mathallen, une femme s’accroupit pour fouiller son sac.
Le soir, la ville.
En fin de journée, la lumière devient orange. Deux hommes descendent la rue, les terrasses sont pleines, la tour de la cathédrale s’éclaire au soleil couchant. Sur les pignons, de grandes fresques colorées regardent passer les piétons, un échafaudage s’embrase, et la gare referme la journée sous sa grande verrière.
Lundi, sous les nuages.
Le lendemain, la lumière est plate et douce. Dans le parc, une dame en robe à fleurs discute avec un homme au pantalon rouge, et le kiosque à musique disparaît sous les fleurs. Au pied d’un monument de bronze, un punk à crête rouge attend, deux femmes bavardent sur un banc. Dans les ruelles pavées, un pochoir de méditant, une enseigne de tatoueur qui lance « Let’s Buzz! », et sous un passage couvert, un grand portrait de Marilyn en pixels.