Paris - Sous les tours
Paris, un samedi d’octobre, côté tours. Trois heures de fin d’après-midi au milieu du verre et du béton, là où les sculptures sont plus grandes que les passants, jusqu’au coucher du soleil sous la Grande Arche et à la descente dans le RER.
Le Pouce et les ombres.
Tout commence par un pouce de bronze de douze mètres, signé César, qui pointe vers le ciel. Autour, la lumière d’octobre découpe des ombres franches : une silhouette sur les pavés, un passager seul dans les escaliers mécaniques, une passante sous l’avancée ronde d’une tour.
La cheminée de couleurs.
Plus loin, une cheminée d’aération disparaît sous des centaines de tubes colorés : l’œuvre de Raymond Moretti. Je l’ai tournée de tous les côtés, en plein soleil, à l’ombre, entre les tours, avec un passant minuscule à son pied pour en donner l’échelle.
Sur la dalle.
Sur la grande dalle piétonne, un cycliste file vers la Grande Arche, une sculpture d’acier se plie en zigzag, les fontaines jaillissent devant les façades de verre et un bassin de mosaïque colorée renvoie le ciel. Une passerelle couverte d’arceaux de verre file vers le fond comme un tunnel, et sur un banc, deux jeunes en capuche parlent à voix basse.
La lumière rasante.
En fin d’après-midi, le soleil descend entre les tours et les allume une à une : des façades dorées, deux tours rondes jumelles serrées entre des murs noirs, une passerelle vide, et sur une barre en plein air, un sportif torse nu qui enchaîne ses exercices.
Le soir sous l’Arche.
Puis le ciel rosit. La Grande Arche se découpe sur le couchant, la foule traverse le parvis en contre-jour, un dôme devient une simple silhouette. Dans un escalier mécanique, une passante souffle sa fumée dans la lumière dorée.
Sous terre.
La journée finit sous terre, dans une gare récente du RER : de longs escaliers mécaniques sous un plafond blanc ondulé, des piliers de béton sur un sol de bois, et le long du quai, un mur de reflets qui fait danser la lumière.