Québec - Le fil rouge
Québec, un jour de juillet. Certaines villes se racontent en noir et blanc, celle-ci ne pouvait se raconter qu’en couleur : le vert profond des parcs, le bleu d’un ciel d’été, et partout, en fil conducteur, le rouge. Des cadres de fenêtres, des toits de tôle, un panneau, un pick-up, une boule suspendue dans un arbre, un chapeau posé sur un banc. J’ai suivi ce fil d’un bout à l’autre de la journée, de la colline du Parlement jusqu’au pied de la falaise.
La sieste sous les arbres.
Autour de l’Hôtel du Parlement, la ville s’étend dans l’herbe. Il est midi, il fait chaud, et les pelouses deviennent des salons à ciel ouvert : un couple sur ses chaises pliantes, des jeunes couchés au pied d’un arbre, une lectrice cachée derrière les hautes herbes, un homme qui dort au milieu des fleurs. Derrière les arbres, les tentes d’un festival attendent le soir ; ici, personne ne se presse.
Le rouge en fil conducteur.
Dans les rues du Vieux-Québec, le rouge revient sans cesse. Il borde les fenêtres des maisons de pierre, coiffe les toits de tôle, colore les terrasses, jusqu’au pick-up qui tourne au coin de la rue, sous un panneau qui ne dit pas « Stop » mais « Arrêt ». Le restaurant Aux Anciens Canadiens, sous son grand toit rouge, en est presque l’emblème.
Face au fleuve.
Au pied du Château Frontenac, la terrasse Dufferin déroule ses planches au-dessus du Saint-Laurent. On y vient pour regarder l’eau, large comme un bras de mer, et la rive de Lévis en face. Un couple âgé s’accoude à la rambarde de fonte verte et ne dit rien : le fleuve suffit.
Au pied de la falaise.
En bas, le quartier du Petit-Champlain vit à l’ombre du cap. Des boules rouges flottent dans les arbres, une grande fresque raconte l’histoire du quartier sur le pignon d’une maison, et les passants lèvent la tête. Sur un banc, une dame lit son téléphone, son chapeau corail posé à côté d’elle. Le fil rouge s’arrête là, à la fin d’un après-midi d’été.