Trogir - L’île de pierre
Trogir est une petite île-citadelle où le temps semble s’être cristallisé. C’est un espace dense, presque organique, où chaque pierre porte la trace d’un savoir-faire ancien. Dans cette série de photographie de rue, j’ai cherché à traduire cette densité et la manière dont la lumière méditerranéenne vient sculpter les volumes des églises et des palais.
L’art du cadrage serré.
Compte tenu de l’étroitesse des lieux, j’ai souvent opté pour des cadres resserrés, me concentrant sur des détails d’architecture ou des jeux d’ombres dans les passages voûtés. Trogir est une ville de textures : la rugosité de la pierre, le poli des pavés sous les pas, le bois vieilli des portes. Chaque image est une invitation à toucher des yeux.
Le quotidien insulaire.
Malgré son statut de site classé, Trogir reste une ville habitée. J’ai photographié les moments calmes, loin de l’agitation, quand la ville appartient de nouveau à ses résidents. C’est dans ces instants de silence que l’on ressent le mieux l’âme de cette cité de pierre posée sur l’eau.
La forteresse en sentinelle.
La forteresse Kamerlengo domine la pointe ouest de l’île, sentinelle de pierre blonde que je n’ai pas pu ignorer. En contre-plongée, sa tour crénelée se découpe sur un bleu presque saturé, les mâchicoulis dessinant une dentelle de pierre au sommet du donjon. Des fleurs sauvages poussent dans les fissures du mur, seule touche de vie sur cette architecture pensée pour la défense. À l’intérieur, les salles voûtées et leurs meurtrières cadrent des fragments de la ville, comme si la forteresse choisissait elle-même ce qu’elle laisse voir du dehors. Marcher sur le chemin de ronde, entre les remparts en ruine, c’est sentir le poids de six siècles de guet sur la baie.
Une étude sur l’harmonie.
Cette série est une étude sur l’harmonie. Trogir m’a offert un cadre parfait pour explorer la relation entre l’ombre protectrice et la lumière intense de la côte dalmate.